Twitter Icon Facebook Icon
Bird Studies Canada Logo
English | Français

La 13e CdP à la Convention de Ramsar suscite de l’espoir concernant les milieux humides côtiers et le delta du Fraser

Par Pete Davidson (conseiller principal en matière de conservation) et James Casey (spécialiste de l’estuaire du Fraser), Études d’Oiseaux Canada

Une conférence et un sommet aux Émirats arabes unis, en passant par Vancouver!

Les travaux menés en collaboration par Études d’Oiseaux Canada pour trouver une solution à la perte d’habitat dans la zone importante pour la conservation des oiseaux et de la biodiversité (ZICO) de l’estuaire du fleuve Fraser justifiaient la participation récente de Pete Davidson (appuyé à distance par James Casey) à la délégation de BirdLife International à l’occasion de la 13e Conférence des Parties (CdP) à la Convention de Ramsar, à Dubaï. Nous nous occupons de ce dossier au niveau des politiques internationales depuis le Sommet mondial sur les voies migratoires coorganisé par BirdLife qui a eu lieu par coïncidence au même endroit que la conférence, aux Émirats arabes unis, en avril 2018. À Vancouver, en août 2018, à l’occasion du Congrès ornithologique international (COI), nous avons réuni des scientifiques en vue de recommander l’adoption de mesures prioritaires alignées sur des projets de résolutions en prévision de la Conférence des Parties à la Convention de Ramsar ainsi que des prochaines réunions liées à la Convention sur la diversité biologique, résolutions qui étaient déjà adoptées par les parties à la Convention sur les espèces migratrices. En particulier, la déclaration des scientifiques au COI appuyait la demande visant la tenue d’un forum mondial sur la préservation des milieux humides côtiers et des populations d’oiseaux qu’ils soutiennent; c’était une contribution du Canada aux délibérations de la Conférence des Parties à la Convention de Ramsar.

 

Qu’est-ce que la Convention de Ramsar?

La Convention sur les zones humides, appelée Convention de Ramsar, est un traité conclu entre les gouvernements de 170 pays qui sert de cadre à la conservation et à l’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources. Elle a été adoptée à Ramsar, en Iran, en 1971. Le Secrétariat de la Convention, situé en Suisse, assure la gestion de ses activités. Tous les trois ans, les Parties à la Convention tiennent une conférence (CdP) afin d’étudier et d’adopter de nouvelles recommandations stratégiques dans le but de réaliser les avantages que procurent les zones humides à la nature et à la société humaine. La Convention de Ramsar est entrée en vigueur au Canada en 1981. Jusqu’à présent, 37 sites Ramsar ont été désignés; ils couvrent au total plus de 13 millions d’hectares d’habitats de zones humides d’importance internationale, dont un bon nombre sont également des ZICO (zones importantes pour la conservation des oiseaux).

 

Comment fonctionne la Convention de Ramsar?

Contrairement à d’autres traités, comme la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), la Convention de Ramsar est légalement non contraignante dans la plupart des cas. Il s’agit en quelque sorte davantage d’un accord informel que d’un code pénal. Les délégués des parties contractantes sont d’ardents défenseurs des milieux humides, et les relations entre pairs dans le cadre de la Convention ont un poids considérable. Par conséquent, les participants assurent la réussite des délibérations en exploitant les subtilités de la langue et des procédures. À la CdP, les délégués des pays proposent des résolutions sur divers thèmes ou enjeux et en débattent. Les discussions sur le libellé des résolutions peuvent durer de nombreuses heures, car des nuances linguistiques peuvent en rendre certaines contraignantes pour certains pays.

À ces rencontres, des organisations de la société civile internationales sont représentées mais ne prennent pas de décisions; elles agissent en tant qu’observateurs et fournissent des conseils. Il existe six organisations internationales partenaires officielles de la Convention de Ramsar, chacune ayant un savoir faire particulier en matière de milieux humides; celles ci aident les parties à la Convention à prendre des décisions plus éclairées. En outre, ces organisations internationales contribuent à la mise en œuvre de nombreux aspects de la Convention, depuis la surveillance et la production de rapports jusqu’à la gestion et la protection des sites. BirdLife International est une de ces organisations, et Études d’Oiseaux Canada, en tant que copartenaire canadien de BirdLife, est représentée au sein de l’équipe chargée des politiques à l’échelle mondiale et du Middle East Secretariat (secrétariat du Moyen Orient) et travaille de concert avec d’autres représentants de partenaires de BirdLife provenant de l’Espagne (SEO), du Myanmar (BANCA) et du Zimbabwe (BirdLife Zimbabwe) dans le cadre de cette CdP de la Convention de Ramsar.

 


Pete Davidson Photo : Juan Carlos Atienza

Pourquoi était-ce important qu’Études d’Oiseaux Canada participe?

Notre participation visait deux objectifs : 1) expliquer pourquoi le delta du Fraser est une ZICO en danger et un site Ramsar menacé et 2) appuyer BirdLife International dans ses avis concernant les résolutions importantes pour l’avifaune, en particulier la résolution relative à la conservation des zones humides côtières et la création d’un « forum côtier mondial » en vue de mettre en œuvre cette résolution.

Études d’Oiseaux Canada a été invité à dresser le profil du delta du Fraser lors de deux activités parallèles à la CdP tenues par les organisations internationales partenaires, et auxquelles ont participé au delà d’une centaine de délégués de pays et d’observateurs. De plus, Pete a pu passer du temps avec Elizabeth Hess, du Service canadien de la faune, la déléguée officielle du Canada. Ils ont tous les deux fait part de préoccupations concernant la santé écologique de ce site Ramsar et parlé d’une approche collaborative visant à résoudre le problème de conservation à cet endroit. Études d’Oiseaux Canada a renforcé ses relations et en a établi de nouvelles, grossissant ainsi la base de sympathisants à la cause du delta du Fraser.

Par ailleurs, nous avons soutenu l’équipe de BirdLife chargée des politiques, qui proposait un ensemble de modifications au libellé de la résolution relative aux zones humides côtières et nous avons présenté la déclaration scientifique faite au Congrès ornithologique international. Le libellé de la résolution a été modifié en partie grâce à l’appui du gouvernement du Canada. Dans ses commentaires exprimés en séance plénière, Elizabeth Hess a mentionné fièrement ces soutiens du Canada, et nous sommes enchantés de signaler que la version modifiée de la résolution a été adoptée le dernier jour de la CdP.

 

Travailler sur plusieurs fronts pour la conservation des milieux humides des côtes

La résolution relative aux zones humides côtières est importante car elle établit la base en vue de créer un forum côtier mondial embrassant trois conventions (les parties à la Convention sur la diversité biologique étudieront une ébauche de décision concernant ce forum à leur CdP le mois prochain en Égypte). Si la décision est approuvée, nous aurons de toutes nouvelles possibilités d’accroître le financement et d’autres formes de soutien, dont l’influence politique, à la conservation des zones humides côtières à l’échelle des voies migratoires, ce dont les oiseaux migrateurs ont un urgent besoin.

Cela a été un privilège de travailler avec et parmi les plus influents scientifiques et décideurs du monde en matière de conservation des milieux humides, et nous avons ajouté un grand nombre d’importants nouveaux contacts au réseau en expansion des organisations qui appuient une approche axée sur la collaboration à la conservation des habitats dans le delta du Fraser. Nous sommes particulièrement reconnaissants envers BirdLife International, surtout l’équipe chargée des politiques, formée de Melanie Heath, Noelle Kumpel et Dena Cator. Ces personnes nous en ont beaucoup appris sur la mécanique des conventions internationales; sans elles, nous n’aurions pas pu atteindre les objectifs de notre présence au CdP de la Convention de Ramsar.


La délégation de BirdLife International Photo : Pete Davidson

Gardez le contact avec Études d’Oiseaux Canada


Vous aimeriez mieux connaître nos programmes et activités? Abonnez-vous à notre bulletin de nouvelles.
Politique de confidentialité | Politique d'accessibilité
Études d'Oiseaux Canada B.P. 160, 115 Front St., Port Rowan, ON Canada N0E 1M0
Téléphone: 1-888-448-2473 Télécopieur: 1-519-586-3532 Courrier électr.: generalinfo@oiseauxcanada.org