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Protection d’autres espèces d’oiseaux en vertu de la Loi sur les espèces en péril

Par Jon McCracken, directeur national des programmes, Études d’Oiseaux Canada


Sturnelle des prés Photo : Ron Ridout

L’administration fédérale a annoncé sa décision, longtemps attendue, de désigner huit autres espèces d’oiseaux en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Cela porte à 72 le nombre total d’espèces d’oiseaux qui bénéficient d’une protection spéciale en application de la LEP. Trois autres espèces qui avaient fait l’objet d’une évaluation ont été soumises à un examen périodique prévu à intervalles de 10 ans visant à confirmer leur classification : la Paruline azurée, la Paruline polyglotte et la Paruline à capuchon. Les récentes décisions sont présentées sous forme de tableau ci-après.

Comme d’habitude, la plupart des nouvelles ne sont pas bonnes; toutefois, il faut signaler que les effectifs de la Paruline à capuchon au Canada ont connu une augmentation spectaculaire depuis la dernière évaluation de la situation de l’espèce en 2000. Celle-ci, qui était désignée menacée, ne figure plus sur la liste des espèces en péril. C’est une bonne nouvelle.

Il est rarement mentionné que l’attribution d’un statut légal à une espèce en vertu de la LEP est un processus qui prend beaucoup de temps et qui exige énormément de travail.

Premièrement, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) commande la préparation d’un rapport détaillé sur la situation d’une espèce déterminée. Une fois produit, ce rapport fait l’objet d’un examen exhaustif encore plus poussé que celui des articles destinés à paraître dans des revues scientifiques primaires. Avant d’être présenté au vote des membres du COSEPAC à une réunion d’évaluation, le rapport est soumis à une validation par au moins 30 scientifiques à trois stades de sa production. Du début à la fin, le processus de rédaction et d’examen d’un rapport prend généralement environ deux ans.

Le COSEPAC formule ensuite une recommandation au ministre responsable de l’application de la LEP, mais c’est seulement le début. Avant de prendre sa décision, le gouvernement consulte le public, délibère puis obtient l’approbation finale, ce qui peut prendre plusieurs autres années.

L’ensemble du processus, du début à la fin, peut prendre jusqu’à 10 ans, ce qui a été le cas pour le Goglu des prés, la Sturnelle des prés et l’Hirondelle rustique, qui sont toutes des espèces désignées menacées en vertu de la LEP.

Et encore, cela n’est pas tout à fait terminé. Il faut compter plusieurs autres années avant que les stratégies de rétablissement ou les plans de gestion à l’égard des espèces nouvellement désignées soient produits et acceptés.

Tous conviennent qu’il est essentiel que les évaluations de la situation des espèces soient effectuées correctement, mais le processus décisionnel existant prend énormément de temps. Actuellement, les quelques fonctionnaires chargés de surveiller le processus de désignation des espèces en péril au Canada doivent s’occuper de quelque 760 espèces. En investissant dans un personnel supplémentaire, on pourrait accélérer le processus.

Pendant ce temps, les années passent et la situation des espèces dont on envisage le rétablissement empire presque toujours. Comme c’est le cas dans les établissements hospitaliers, les « longs temps d’attente » réduisent les chances de rétablissement des patients.

Heureusement, d’autres personnes sont préoccupées par ce problème et la situation pourrait s’améliorer. M. Richard Cannings, député d’Okanagan-Sud – Kootenay-Ouest, a présenté en septembre 2017 un projet de loi d’initiative parlementaire qui, s’il est adopté, obligera le ministre de l’Environnement et du Changement climatique à décider, dans les neuf mois suivant la réception de la recommandation du COSEPAC, d’inscrire ou non une espèce déterminée sur la liste des espèces en péril au Canada. En novembre, Mme Catherine McKenna, ministre de l’Environnement et du Changement climatique, a annoncé que le gouvernement adopterait le projet de loi. Nous, d’Études d’Oiseaux Canada, serons heureux si cela permet d’accélérer le processus d’inscription des espèces sur la liste pour le bien des oiseaux et des autres espèces en péril au pays.

Jon McCracken a coprésidé le sous-comité des oiseaux du COSEPAC de 2009 à 2016, inclusivement. Pendant son mandat, il a aidé à escorter tous les espèces mentionnées ci-dessus à travers le processus d’évaluation.

Vous voulez en savoir davantage sur les espèces en péril au Canada? Vous pouvez prendre connaissance des plus récentes décisions sur le statut d’espèces ou explorer les rapports de situation du COSEPAC.

* Les espèces dont le nom est écrit en gras ont été désignées récemment. Dans le cas des autres espèces, il s’agit du résultat de la réévaluation périodique de leur statut attribué il y a 10 ans ou plus.

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